UNE EXPERIMENTATION PORTEUSE DE SENS

Lundi 21 Décembre 2020
UNE EXPERIMENTATION PORTEUSE DE SENS

Le terrain d'aventure, une expérimentation porteuse de sens.
Nous sommes un certain nombre de militantEs des Ceméa à avoir expérimenté l'animation enterrain d'aventure à travers le partenariat entre les Ceméa et le réseau Dock Europe à Hambourg etgrâce aux programmes de mobilité Européens. Le constat partagé est que ce sont des structures pertinentes qui font souvent sens auprès des enfants, et qui s'inscrivent durablement dans la vie des quartiers
.Qu'est ce que cet outil vient provoquer chez son public?
Comment un simple terrain vague peut devenir un véritable lieu de vie et de rencontre à l'échelle d'un quartier ?

Tentative d'explication.
C'est quoi un terrain d'aventure?
Les terrains d'aventure sont des lieux d'accueil à ciel ouvert situés en milieu urbain. Ça ressemble àun terrain vague. L'idée est de proposer un espace de liberté préservé et réservé aux enfants. On peut venir y jouer, se nourrir, discuter autour d'un feu, mais se sont souvent les activités autour du bricolage et notamment de la construction de cabane qui y sont valorisées.Pour se faire, à l'aide de pelles, de poutres, de planches, de clous, de scies, et de marteaux on vasuivre plusieurs  étapes de construction : On creuse quatre trous de 1m à 1m50 chacun, on y plante des poutres, et on recouvre de terre. Puison lie les poutres entre elles avec des planches de bois brut. Quelques clous aux extrémités et le tourest joué. Si les poteaux sont plantés suffisamment profondément, la cabane ne bouge pas. Ensuite, il faut réfléchir à la conception du toit. On peux l'imaginer de différentes manières: un deuxièmeétage, une charpente (plus compliquée), un balcon...Il ne reste plus qu'à scier les bout de bois qui dépassent, puis à faire un trou pour la porte et les fenêtres.En l'espace de quelques après-midi d'activité, à un rythme plus ou moins soutenu, on obtient la cabane «à nous et pas aux autres», et qui pourra rester en place. Attention à ceux-celles quivoudraient avancer une cabane qui n'est pas la leur. Il faut respecter le projet initial. La dynamique est telle que ça finit par ressembler à un petit village. On détruit les cabanes les plus vieilles, ou celles que personne n'utilise, pour faire de la place. Puis on récupère le bois en bon état, et on brûle le reste dans le feu.

Pourquoi ça marche ?
Tout d'abord, les terrains d'aventure répondent à des besoins auxquels l'espace urbain ne répondplus. Avoir la liberté de courir, grimper, s'amuser en ville peut représenter un risque objectif, car ellen'est pas faite pour ça. Les rues étant devenues des espaces de flux, il n'existe plus d'endroit oùl'enfance peut s'exprimer. On pourra parler des parcs publics, mais ils sont tellement codifiés que laliberté de mouvement y est relative (il faut prendre le toboggan dans un sens et pas dans l'autre) eton ne s'imagine pas y construire des cabanes! Les terrains d'aventure offre l'ensemble de sespossibles.Les terrains sont aussi un espace d'apprentissage, et de valorisation de cet apprentissage. Pour ceux-celles qui n'arrivent pas à s'épanouir en milieu scolaire le terrain d'aventure propose une alternative.En cette période de réforme des rythmes scolaires, ici se trouve un lieu ou les enfants peuventdécouvrir tout ce que l'école ne propose pas. C'est impressionnant à voir; des enfants âgés de 8 anssavent laisser respirer un feu pour le démarrer, et l'alimentent régulièrement. Ils coupent du bois. Ilssavent aussi creuser un trou de 50 cms dans le sol, ou encore mettre un renfort à une table pourquelle soit stable. Il faut taper droit, redresser le clou qui se tord. Des fois ils enfoncent des clousjuste pour le plaisir, ça sert à rien mais ça fait du bien. Les adultes se gardent bien d'intervenir.Enfin, ce type d'espace fonctionne aussi grâce à son accessibilité et son ouverture sur le quartier. Ilest visible depuis les immeubles. On y vient comme on irait au parc, sauf qu'on est accueilli avec unjus d'orange. Ajoutez à cela une totale gratuité d'utilisation, sans aucun système d'inscription, qui permet aux enfants de venir quand ils-elles en ont envie. Le lieu n'est pas perçu par les enfantscomme un «lieu de garde» mais bien comme un espace qui leur est consacré, qui leur appartientmême. Il s'agit avant tout d'un «lieu de vie», et l'on peut s'y investir.

Quel sens politique et pédagogique ?
Mélangez   tout   cela   et   vous   obtenez   un   lieu   organisé   autour   de   pratiques   d'activité   non-consommatrices, participatives, et développeuse d'autonomies qui «fait sens» auprès des enfants.Par l'intermédiaire de cette activité centrale, le lieu lui même prend sens. La simplicité du message,de l'action proposée, permet de fédérer, d'accueillir.Mais au-delà de l'outil, somme toute assez neutre, il y a des questions d'éducation populaire qui seposent. Le travail effectué ici renvoie à la place des enfants dans notre société contemporaine, et àl'importance de la réappropriation des espaces urbains en tant que lieu de vie.Nous sommes aujourd'hui plusieurs à nous poser la question de l'adaptation d'un tel projet à lasociété Française.

Restent des inconnus: la législation française nous le permettrait-elle?
Quelles seraient les réactions des partenaires (parents, politiques, autres travailleurs sociaux) face à la prisede risque inhérente à ce type d'activité?
Et surtout... Comment trouver, de nos jours, un terrain vacant en milieu urbain, répondant  aux normes de sécurité ?

 

Partagez sur les réseaux sociaux

Catégories

Autres publications pouvant vous intéresser :

Commentaires :

Laisser un commentaire
Aucun commentaire n'a été laissé pour le moment... Soyez le premier !

 
 
4, rue porte de Monteux - 84200 Carpentras
 contact@voyagesdegulliver.fr