SUZANNE

Jeudi 8 Avril 2021
SUZANNE
Frédéric POMMIER - POCKET n° 17 649 - 01/2020 - 216 pages

Elle a traversé la plus grande partie du XXème siècle, avec courage, détermination, malgré la perte de « tous ses hommes » ; son frère, son mari et son fils !  Et elle se retrouve, par la force des choses, en EHPAD, à l’aube du 21? siècle et à plus de 90 ans. C’est son petit-fils, l’auteur, qui au long des pages, raconte sa vie, croque les anecdotes au fil des mois et des années…

L’enfance, la guerre, la politique, le travail, la famille, l’Algérie, mai 68, ses filles… et puis les plus intimes : ses amies, ses amours, le sexe. Et enfin ses passions ; le tennis, le théâtre et la vitesse en voiture !

Une vie pas banale mais une longue vie, comme tant d’autres femmes, qui a traversé la conquête d’une autonomie, voire d’une indépendance, pour…

... se retrouver dans un EHPAD, seule, mal nourrie, pas écoutée, parfois sans aide, mal soignée, rabaissée, rabrouée, infantilisée… Par touches successives, sorte de contrepoints, l’auteur Frédéric POMMIER, ce petit-fils avec qui elle a une relation si forte, cet homme qui sait l’écouter et qui accède à ses désirs quand il vient la voir dans cet EHPAD – voir la mer, aller acheter du Bandol, manger une bouillabaisse ou une énorme entrecôte, visiter la ville de son enfance, aller voir ses copines – dépeint la misère de ces établissements pour personnes âgées dépendantes, ce que Suzanne est, bien sûr.

Ces petites anecdotes, courtes, génériques, au nombre d’une quarantaine, ponctuent ce récit de vie ; elles vont parler à tous ceux qui ont eu parmi leurs proches, comme l’auteur une personne en EHPAD, comme elles font partie des anecdotes courantes qui malheureusement aujourd’hui traduisent les mauvaises conditions d’accueil et de soin des anciens dans la plupart de ces établissements.

Ces petites anecdotes passent en revue les personnels – pour qui Suzanne a d’ailleurs beaucoup d’empathie, enfin pas pour tous, et dont elle ne comprend pas pourquoi ils sont si mal payés, vu ce que coûte sa pension – mais aussi le soin, les locaux, les repas, le service, l’animation, les sorties, l’enfermement, le médical et même les épisodes de canicule ; elles sont chirurgicales, incisives, sans jugement. Justes précises et concises, elles pourraient à elles seules guider la formation des personnels de ces établissements…

Heureusement que Suzanne a gardé auprès d’elle son Porto et qu’elle peut, en se cachant bien sûr et à 96 ans, s’en servir une rasade de temps en temps pour oublier toutes les mesquineries et les désobligeances qu’elle subit.

Mais à force de remarques et d’écoute, ce petit-fils va finir par changer Suzanne de lieu de vie et un autre EHPAD va accueillir Suzanne dans des conditions de vie plus « normales » et attendues, dans le respect du contrat d’accueil, afin qu’elle puisse aisément fêter bientôt ses 100 ans en recevant toujours la visite de son petit-fils et partir en escapade avec lui, on ne sait où !








 
 

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