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LA PARESSE : UNE HISTOIRE DU NON-TRAVAIL

Dimanche 10 Octobre 2021
LA PARESSE : UNE HISTOIRE DU NON-TRAVAIL
Critique morale ou revendication politique, l'idée de paresse occupe autant les communautés monastiques médiévales, les humanistes de la Renaissance que les penseurs révolutionnaires du prolétariat. Regarder la paresse à travers les siècles révèle comment les hommes et les femmes ordonnent le temps.

    La paresse serait-elle l’oreiller du diable ? En 1921, le peintre Kazimir Malevitch écrit « La Paresse comme vérité effective de l’homme ». Il explique que « l’homme n’est déjà plus seul : la machine l’accompagne ; demain, il ne restera que la machine ou quelque chose qui en tiendra lieu. Alors il n’y aura plus qu’une seule humanité, assise sur le trône de sa sagesse préétablie, sans chefs, sans souverains et sans faiseurs de perfection ; tout cela sera en elle ; de la sorte, elle s’affranchira du travail, atteindra la paix, l’éternel repos de la paresse ». Malevitch est le peintre du célèbre tableau Carré blanc sur fond blanc, une œuvre pour laquelle il a été moqué, traité de paresseux, alors qu’il s’agit d’un jalon dans l’histoire de l’art. Xavier Mauduit

La paresse compte, selon l’adage populaire, au rang des péchés capitaux. Ce n’est en réalité pas la paresse, mais l’acédie qui a pu être mentionnée dans la liste de ces péchés à la tête de tous les autres : l’acédie, ou cette tendance du moine solitaire à s’endormir sur sa prière et à ainsi gaspiller le temps que lui accorde Dieu. La paresse a donc une histoire, qui la voit tour à tour s’appeler fainéantise, indolence, apathie, torpeur, mollesse, nonchalance ou oisiveté.

    Chez les Chrétiens, la paresse désigne le moment où le moine abandonne la contemplation de Dieu. Il est frappé par un démon qui tout à coup l'attaque. Le paresseux, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas un homme heureux. Il est tiré des deux côtés. De l'un, il abandonne ce qu'il aimait jusqu'ici, en l'occurrence Dieu, et de l'autre, il souffre intérieurement parce que ça crée en lui une sorte d'angoisse, de grande peur de lui-même (...).

    Chez Évagre le Pontique au IVe siècle, par exemple, la paresse est définie comme une réalité spirituelle, qui surgit dans les esprits. Le plus grave pour le moine qui s'assoupit n'est pas l'assoupissement mais qu'il se sente abandonné en même temps qu'il abandonne Dieu. Il est alors pris d'une sorte de chagrin. André Rauch


Plus encore, du moine rêveur aux moines indifférents du sort de la société ; du prince irresponsable au noble improductif ; du « mauvais pauvre » gaspilleur au chômeur profiteur ; du « sauvage » indolent au colonisé nonchalant, l’histoire de la paresse épouse les transformations de nos sociétés et de leurs valeurs. Tantôt stigmatisée, tantôt glorifiée, elle nous en apprend autant sur notre rapport au travail que sur notre rapport au temps. Nous en parlons avec notre invité André Rauch, professeur des universités et spécialiste d'histoire culturelle.

    Une littérature révolutionnaire, derrière Lafargue, donne à la paresse sa dimension positive, en quelque sorte salutaire. Dominique Méda dira qu'il faut « désenchanter le travail ». Il y a tout un courant de ce point de vue, surtout dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à la fois révolutionnaire, anarchiste, syndical et politique. Un autre aspect se développe autour de la reconnaissance d'un droit aux loisirs. En ce sens, les législations dans l'ensemble de l'Europe, et en France, vont aller vers une réglementation des loisirs. André Rauch

> l'histoire du non-travail

 

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