PAUL MC CARTNEY PUBLIE ENFIN SES MEMOIRES

Mercredi 24 Novembre 2021
PAUL MC CARTNEY PUBLIE ENFIN SES MEMOIRES
À bientôt 80 ans, il était temps que le plus prestigieux des Beatles encore en vie publie son autobiographie. C’est chose faite avec un copieux volume où sir Paul commente avec humour et sagacité plus de 150 de ses chansons. En voici des morceaux choisis.

Sir Paul McCartney atteindra l’an prochain les 80 berges, il aura donc vécu deux fois plus longtemps que John Lennon et, vu sa forme actuelle, ne va sûrement pas s’arrêter en si bon chemin. Mais, chose rare pour une star de son envergure, il n’avait pas encore publié son autobiographie. Prétextant, chaque fois qu’on le lui proposait, qu’il avait autre chose à faire : « Soit j’étais occupé à fonder une famille, soit j’étais en tournée. » De plus, l’ex-bassiste des Beatles n’a jamais tenu de journal intime. Tout était dans ses chansons. Et il a commencé à en écrire dès l’âge de 14 ans, en 1956, un an avant sa rencontre décisive et désormais historique avec un autre petit gars de Liverpool prénommé John.

« Les paroles de mes chansons […] révèlent sans doute bien plus de choses que n’importe quel ouvrage consacré aux Beatles » (et il y en a eu des centaines). Réalisant cela, McCartney a accepté de se confier à un autre Paul, Muldoon, un poète nord-irlandais un peu plus jeune que lui (70 ans). Des entretiens entamés en 2015 et étalés sur cinq ans lui ont permis de passer en revue plus de 150 chansons écrites pour les Beatles, Wings ou ses (rares) albums solo. Comme on feuillette « un vieil album photo remisé au grenier ». Ces souvenirs sont agrémentés, en mode scrapbook, de papiers manuscrits, photos et documents divers collectés notamment par Linda Eastman, qui fut sa femme de 1969 à sa mort en 1998.

Qu’on ne s’attende pas à des révélations fracassantes. Sir Paul, dont on connaît le goût légendaire pour la modération, n’en avait sans doute aucune en réserve. Une de ses déclarations récentes, alléguant que le premier responsable de la séparation des Beatles avait été John Lennon, n’a étonné qu’une poignée d’amnésiques ou de commentateurs mal renseignés. Et puis, franchement, quelle importance… On lira donc, au fil de ces quelque 900 pages, beaucoup d’anecdotes, amusées, émouvantes, parfois inattendues. Racontées par un honnête homme qui n’avait pas forcément rêvé tel destin de pop star universelle, mais s’en est accommodé avec habileté, humour et sagesse. En voici en avant-première quelques extraits :

À propos de “All My Loving”

… Et de la première apparition des Beatles au Ed Sullivan show, émission télé américaine de grande écoute, le 9 février 1964.

« Le lendemain, une partie de la presse a été assez critique. Le New York Herald Tribune (qui, je dois dire, n’existe plus de nos jours) a écrit que les Beatles, c’était “75 % de publicité, 20 % de coupe de cheveux et 5 % de lamentations chantées” […]. Un mois plus tard, on avait cinq chansons aux cinq premières places du classement de Billboard. »




À propos de “Birthday”

Un morceau figurant sur le double album blanc.

« Celle-ci est née une nuit à Abbey Road. […] En temps normal, il n’y avait pas d’invités au studio, mais je crois qu’on fêtait quelque chose. Peut-être même l’anniversaire de quelqu’un. Nous avons décidé de composer quelque chose sur le vif. Nous commencions souvent une session avec un riff et, pour nous, le riff des riffs était Lucille de Little Richard. C’est le riff que Roy Orbison a adapté pour Pretty Woman. On a donc fait la même chose pour Birthday. Rien de très compliqué. Il y a un passage à regarder de plus près : “I would like to dance/Take a cha-cha-cha-chance”. Je me souviens que The Who était très en vue à cette époque. Ils avaient fait sensation avec My Generation, une chanson qui comprenait ce que nous appelions un bégaiement dans la locution, “f-fade away”. Quand vous faites “f-f-f” en direct à la télévision, ça capte forcément l’attention. Je me souviens parfaitement de ce moment. Et ce défaut d’élocution, appelons-le ainsi, a inspiré le “cha-cha-cha-chance” de Birthday, tout comme Birthday a inspiré le “ch-ch-ch-ch-changes” du Changes de David Bowie. Être auteur, c’est s’emparer du témoin, le porter quelque temps, puis le passer à d’autres. »



À propos de “Blackbird”

Une autre chanson du double blanc, qui apparaît aussi dans le recueil de poésie Blackbird Singing, publié en 2000, et qui valut à son auteur de faire une tournée… de lectures.

« Parmi les textes que je lisais, il y avait Blackbird. Je racontais deux anecdotes sur cette chanson. La première concernait la musique, la partie de guitare […]. Ça vient d’une pièce pour luth de Jean-Sébastien Bach, que j’avais essayé d’apprendre avec George Harrison pour frimer. On était fan du style fingerpicking à la guitare, sans médiator : c’est comme ça que jouait Chet Atkins. […]

La deuxième anecdote concernait le fait que blackbird est une expression argotique qui désigne une black girl. Liverpool était un ancien port négrier ; c’est aussi la ville d’Angleterre qui abrite la plus vaste communauté antillaise. On y rencontrait beaucoup de Noirs, surtout dans le monde de la musique. […]

Quand j’ai écrit Blackbird en 1968, j’avais tout à fait conscience des terribles tensions raciales qui existaient aux États-Unis. L’année précédente avait été très dure, mais 1968 était pire encore. J’ai écrit la chanson quelques semaines après l’assassinat de Martin Luther King. Il y a plusieurs références à cette époque : les images des “ailes froissées” (“broken wings”), les “yeux creusés” (“sunken eyes”) et en général toute la thématique de l’envie de liberté. »

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