COMMENT LA LITTERATURE S'EST-ELLE EMPAREE DE L'ECOLOGIE ?

Samedi 27 Novembre 2021
COMMENT LA LITTERATURE S'EST-ELLE EMPAREE DE L'ECOLOGIE ?
 Décembre 2013, le quotidien en ligne de l’écologie Reporterre s’inquiète et tire la sonnette d’alarme. « L’écologie n’intéresse guère les éditeurs de livres pour enfants. Ainsi, dans les allées bourdonnantes du Salon du livre jeunesse de Montreuil, sur les stands débordants de couleur des éditeurs et des libraires, peu d’ouvrages abordent la thématique environnementale. » Huit ans plus tard, un constat similaire serait trompeur. Et il y a fort à parier que la 37ème édition de ce même festival, qui débutera mercredi prochain, accordera une place de choix aux livres pour enfants qui évoquent l’écologie, la cause animale, la protection de la nature.

C’est une tendance générale, de fond : la production éditoriale s’est saisi de cette thématique longtemps considérée inaccessible pour la jeunesse. Parce que complexe, angoissante, impropre à tendre ou accompagner des histoires. Alors si de nombreux éditeurs s’engagent depuis longtemps, le tournant général, maintream, aurait eu lieu à partir de 2015. Et tout se serait accéléré grâce à l’effet Greta Thunberg. Dans ce paysage florissant, un livre est paru le mois dernier aux éditions Robert Laffont. Il s’intitule Les larmes d’Eugénie. Ses illustrations poétiques et aériennes, aquatiques et sensibles sont l’œuvre de Lucile PLACIN. Sa co-autrice est l’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent, qui a déjà converti son documentaire à succès, Demain, en livre pour enfant. Elle nous raconte ce matin l’histoire Des larmes d’Eugénie : véritable conte écologique.

Bien sûr, les livres pour enfants ont toujours traité de nature. La nature est le lieu de l’aventure, les cabanes celui des frontières, les arbres des refuges, les mers et les forêts, des espaces de l’échappée belle, de l’ailleurs étranger et fantasmé. D’ailleurs, les contes battent souvent en brèche la puissance du commerce, le projet économique et industriel des humains. Dans l’œuvre des frères Grimm, par exemple, les éléments hétéroclites du vivant sont valorisés dans un continuum et une harmonie tangibles.

Mais si une écologie culturelle et littéraire a toujours imprégné les histoires pour enfants. Le propos (faut-il le regretter ou le célébrer ?) se fait désormais plus politique et plus direct, moins détourné. La figure animale en est l’exemple archétypal. Très présents dans les pages de la littérature pour enfants, les animaux permettent d’abord d’observer, de faire parler des humains. Aujourd’hui, ces personnages sont plus nombreux à être le porte-voix de la cause animale. Mélanie Laurent nous explique ainsi pourquoi, selon elle, la jeune génération est prête et en demande d’histoires de ce type.

Écrire pour les enfants, est-ce inventer des histoires plus simples ? Peut-être, et encore. En tout cas, les illustrateurs, les auteurs, les éditeurs de livre jeunesse, à qui il faut rendre hommage, savent bien que ce chemin vers la simplicité, la clarté métaphorique, la poésie imagée et vivante… est le plus ardu.

Comment éveiller les consciences de jeunes gens qui s’éveillent, et qui de plus en plus prennent la responsabilité d’éveiller les générations qui les précèdent ? En la matière, la fiction foisonnante est un truchement, une source, un vecteur.

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