FAUT-IL SE SOUMETTRE A LA MAJORITE ?

Samedi 11 Décembre 2021
FAUT-IL SE SOUMETTRE A LA MAJORITE ?
Tocqueville, observateur-précurseur, a perçu les limites de la démocratie : dont la tyrannie de la majorité. En absorbant le peuple, la démocratie peut-elle devenir anti-démocratique ?
Comment se constitue une majorité ? Comment créer l'équilibre en peuple et pouvoir ?


Pour la plupart d'entre nous, la démocratie, soit le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, est le meilleur des régimes politiques, en tout cas, le moins pire.
Ça tombe bien, car l'intuition d'Alexis de Tocqueville, parti quelques mois sur les terres américaines au début des années 1830 est que la démocratie est un fait inéluctable, auquel personne n'échappe, et cela, quoi que fassent ses partisans et ses adversaires.
Reste que, pour le juriste philosophe, issu de l'aristocratie normande, bientôt appelé à être député et ministre, la démocratie est moins un régime politique qu'un état social fait d'usages, d'opinions et de sentiments, et qu'elle est moins régie par le principe de liberté que par l'égalité. Pire : elle pourrait même produire le contraire de la liberté : tyrannie ou despotisme.
Comment la démocratie peut-elle paradoxalement ne pas être démocratique ? Aujourd'hui, De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville, volume I, 1ère et 2ème partie.


L'invité du jour :

Pierre-Henri Tavoillot, maître de conférences à Sorbonne Université, président du Collège de philosophie

Les trois sens de la démocratie pour Tocqueville

"Pendant l'immense partie de l'histoire de la philosophie, le mot démocratie est synonyme d'anarchie, d'impuissance, c'est très péjoratif. Tocqueville est celui qui va contribuer à le revaloriser, tout en ayant toujours une petite inquiétude, parce qu'il y a chez lui trois sens du mot démocratie : d'abord l'idée d'égalisation des conditions, une vision du monde où on perçoit spontanément l'autre comme un alter ego, les humains arrêtent de se penser comme membre étranger faisant partie d'humanités différentes pour se sentir appartenir à une humanité commune. Le deuxième sens est l'idée d'un processus inéluctable, en effet, cette égalisation des conditions n'a pas de limite. Et le troisième sens est politique et institutionnel, c'est la recherche des conditions pour que cette égalité puisse être respectueuse de la liberté."
Pierre-Henri Tavoillot


Textes lus par François Raison :

    Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, livre I, chapitre 4 “Du principe de la souveraineté du peuple en Amérique”, éditions La Pléiade, pages 62-63
    Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, livre II, chapitre X “Quelques considérations sur l’état actuel et l’avenir probable des trois races qui habitent le territoire des Etats-Unis”, éditions La Pléiade, pages 392-393

Sons diffusés :

    Extrait de la série 24 Heures chrono, Redemption, réalisé par Jon Cassar, 2008
    Douze hommes en colère, film de Sidney Lumet, 1957
    Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, Livre II, chapitre 7 "Tyrannie de la majorité”, éditions La Pléiade, pages 288-290, lu par Georges Claisse
    Chanson de fin : Vinnie Paz, A power governments cannot suppress


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